ANDREA RAVO MATTONI – Déjanire d’après Guido Reni
ANDREA RAVO MATTONI – Déjanire d’après Guido Reni
290,00 €
Le MUR Bastille #3
Andrea Ravo Mattoni
Déjanire d’après Guido Reni
Acrylique
2021
Informations complémentaires
Autant en emporte le vent. Le vent de l’espoir, de la liberté, de l’Histoire… qui s’engouffre dans la rue pour nous conter une histoire et raviver nos mémoires. Hier enlevée par un centaure, la belle Déjanire, épouse d’Hercule, échappe ici à sa mésaventure, s’évadant de sa toile et de son cadre pour s’arrêter un temps sur ce mur. Libérée de son destin de musée, elle s’envole dans la cité et s’affranchit par là même de son identité. Désormais, ce portrait échevelé est celui d’une femme libre et atemporelle. De personnage antique elle prend figure d’allégorie pour rejoindre les victoires et autres Marianne animées du souffle de la liberté. De la prise de la Bastille, elle perpétue l’élan, des barricades, elle maintient la témérité, de la révolte, elle entretient la flamme. Si l’effroi s’empare de ses traits, son regard tourné vers le ciel nourrit l’espoir de lendemains qui chantent… Mais la révolution est aussi d’ordre artistique car l’art urbain sort l’art classique du musée. Par cette fugace apparition, Andrea Ravo Mattoni nous parle avant tout de peinture. En emportant ce fragment de chef-d’œuvre hors du Louvre, où il est conservé, il l’offre à la rue et nous incite à en admirer la beauté. Immergée parmi ses pairs, dans le flot de visiteurs de la grande galerie, Déjanire peine à attirer l’œil. Isolée sur le mur de cette artère populaire, elle invite le passant à ralentir sa course pour enfin la considérer. Le déplacement a valeur de symbole, l’art vient à la rencontre de son public. C’est aussi le regard d’un artiste vivant sur l’œuvre de son ainé qui réactive notre attention, attise notre curiosité, élève notre goût. De la peinture de son compatriote Guido Reni, Ravo Mattoni sait retranscrire l’esthétique et le pathétique. Substituant la bombe aérosol aux pinceaux, l’artiste urbain nous restitue à la perfection la carnation lumineuse et le trouble de l’émotion, voulues par le grand maitre italien. Quatre siècles plus tard, l’idéal classique réveille notre regard. Rome est à Paris. La beauté est dans la rue !
Cyrille Gouyette
Décembre 2021






